un changement au niveau régional. L'aide devient ainsi un investissement à effet multiplicateur ;
réinvestissement dans des activités de production et non pas dans des biens ostentatoires. Cela permet d'augmenter le capital agricole et d'arriver à des entreprises susceptibles d'engendrer des profits par la synergie entre diverses activités selon le modèle Songhaï;
leadership au niveau des structures agricoles nationales ou régionales et de l'animation rurale.
Songhaï voudrait continuer à travailler sur ces problèmes de financement en collaboration avec d'autres associations et partenaires car il y a là un réel goulot d'étranglement pour l'agriculture africaine et pour l'innovation. Sur ce dossier plus il y aura de bonnes volontés pour réfléchir et agir, plus on pourra avancer et lever un obstacle important, mais pas unique, au développement.
De très nombreux projets de développement - d'ONG ou d'organismes publics - mettent uniquement l'accent sur la production. Cette action plus technologique est plus facile et semble pouvoir répondre aux besoins des gens. Une telle approche est souvent trop simpliste et conduit à un échec du projet malgré ses bonnes performances techniques. En dehors de l'autoconsommation, l'enjeu d'un projet de développement n'est pas seulement la production ; c'est surtout la commercialisation des produits et c'est là le point faible de la plupart des projets de développement en Afrique.
Combien d'échecs sont dus à l'absence de réflexion sur la commercialisation, et cela décourage définitivement les bénéficiaires aux actions de développement. Voir pourrir sa production parce qu'on n'a pas pensé aux transports ou devoir la brader à un prix inférieur à ce qu'elle a coûté à des acheteurs ou intermédiaires, est une expérience traumatisante mais hélas habituelle.
Tous les gains obtenus par les efforts de productivité et de production s'effondrent à cause des intermédiaires commerciaux, des frais de transport et de démarchage, d'exportation?Ce qui est vrai pour une exploitation l'est aussi pour les différents pays d'Afrique qui voient leur balance commerciale devenir déficitaire à cause des services d'exportation. De plus, si un pays exporte des produits non transformés, il sera toujours perdant : les plus-values seront réalisées par d'autres sur son dos ; c'est là un des maux dont souffre l'Afrique mais qui pourrait être soigné par des politiques qui prennent en compte ces aspects.
Il est donc nécessaire de penser au conditionnement, à la distribution et à la vente dès le démarrage d'une activité ou entreprise, et d'intégrer cela dans toutes les stratégies de développement. L'Afrique pourra intervenir dans les réalités de la mondialisation et être un continent dynamique si elle entre dans cette démarche : donner plus d'importance à la commercialisation des produits et se montrer innovante sur ce point crucial et difficile.
L'Afrique a un savoir-faire traditionnel dans ce domaine du commerce ; ses femmes commerçantes infatigables et ses grands commerçants caravaniers qui n'hésitaient pas à traverser le continent sont des modèles à retrouver et à actualiser. L'Afrique peut internationaliser ce savoir-faire, le moderniser. Elle a un savoir-faire artistique qui lui aussi, peut contribuer à faire gagner les exportations. Elle n'a pas à être complexée par la mondialisation mais doit trouver ses marques propres.
Penser la synergie production - transformation - commercialisation