fonds.
Les opinions publiques du Sud n'ont plus elles-mêmes confiance dans les pays du Nord. On est alors dans une impasse, dangereuse pour l'avenir de la planète.
Capital et développement
Il y a cinq types de capital qui doivent tous être mobilisés pour entraîner une dynamique de développement. Si l'un vient à manquer, le développement ne pourra pas se faire ou sera artificiel et retombera rapidement.
le capital environnemental : les ressources du milieu y compris les sous-produits et les déchets, le climat?L'Afrique a un abondant capital de ce type dans certaines régions.
le capital humain et culturel : tous les savoirs et savoir-faire (commerce, artisanat, art?), les valeurs partagées, l'expérience sociale accumulée par les générations mais aussi la capacité à voyager et à intégrer des éléments qui appartiennent à d'autres. Là encore l'Afrique bénéficie d'un bon capital.
le capital social et organisationnel : les systèmes de gestion politique, de débats collectifs, les solidarités traditionnelles mais aussi certains éléments plus modernes transmis par l'école, la télévision, les média.
le capital technologique et l'informationnel : les outils, les machines, les procédés de production et de transformation de biens et de services, les unités de production et l'information technique.
le capital financier : c'est la partie de la masse monétaire qui peut être mobilisée pour la production de biens et de services et le développement des autres formes de capital.
INSERER ICI LE SCHEMA INTITULE
« LES 5 CAPITAUX »
Le capital financier joue un rôle très important, mais il n'est pas le seul facteur de développement, ni le premier. On peut injecter des milliards de francs sans aucune amélioration des conditions de vie des gens si les autres formes de capitaux ne sont pas mobilisées pour créer un environnement favorable à la valorisation des moyens financiers.
Dans ce domaine comme dans tous les autres, il convient d'avoir une approche systémique et de tirer partie des synergies entre domaines. Nous sommes convaincus que mettre la priorité sur la mobilisation du capital financier n'est pas la meilleure manière d'obtenir la plus grande synergie pour l'ensemble de la vie sociale et économique. En particulier, il est faux de dire qu'on ne peut rien faire si on n'a pas de moyens financiers.
Faire de l'absence de capital financier un alibi pour ne rien tenter et ne rien entreprendre me met hors de moi. Il faut dénoncer cette attitude d'irresponsabilité. Il est en effet toujours possible d'agir quasiment gratuitement sur les autres formes de capitaux (humain ou organisationnel par exemple) ; cette amélioration sera fertilisée plus tard par des arrivées de capitaux financiers. S'il n'y a pas de milieux porteurs, d'organisation, de culture?les fonds seront engloutis en pure perte et c'est ce qui arrive le plus souvent en Afrique. Combien de projets - éléphants blancs ou cathédrales dans le désert - échouent