l'enseignement classique, puisque même des fermiers ayant suivi un autre cursus que celui de Songhaï (Formation I), peuvent à certaines conditions faire partie du Réseau (Formation II) et avoir accès au renforcement du niveau cadre (Formation III). Ce troisième niveau apparaît alors comme un niveau supplémentaire, ayant pour objectif de renforcer les compétences en permanence, de la formation I, de la formation II et d'autres agents, acteurs, entrepreneurs?

C'est avec espoir que j'observe la progression avec laquelle notre système de formation s impose. En effet, la qualité, l'originalité, la simplicité et la pertinence du système de formation nous vaut une affluence continuelle des demandes en formation, comme en témoignent les quelques chiffres ci-après :

145 élèves fermiers (dont 20 jeunes filles) sont actuellement présents sur le site de Porto-Novo ; 65 sur le site de Savalou et 65 également sur le site de Parakou. De 1986 à 2000, un total de 668 élèves ont été formés par le seul site de Porto-Novo. Pour les stagiaires, depuis 2000, toutes formules confondues, la moyenne mensuelle est de 35 stagiaires soit 410 personnes en moyenne pour l'année 2000. Pour l'année 2001 (fin juillet) c'est déjà un total de 700 personnes qui ont bénéficié des formations à la carte. Cet accroissement important du nombre des inscriptions depuis 2000, est le fait essentiellement d'importants marchés de prestation de service que Songhaï met en ?uvre pour certains partenaires locaux et étrangers.


D'autre part, une étude réalisée à la fin de l'année 1999 montre que 85% des jeunes formés à Songhaï travaillent dans le domaine agricole dont 70% ont crée leur entreprise. Actuellement, les jeunes s'installent de plus en plus, 80 à 95 % d'une promotion, soit environ quinze à vingt jeunes tous les six mois, multipliés par trois sites.

Cette forte amélioration du taux d'installation des apprenants est également la conséquence de la dynamique sur le terrain du Réseau des entrepreneurs Songhaï qui constitue une véritable famille d'accueil pour tout nouveau candidat à l'installation.



Le Réseau


Ce genre de Mouvement ne s'improvise pas ; en effet, le suivi et l'accompagnement ont connu une première naissance en 1991, où pendant une année, un suivi (une à deux fois par an et par ferme) a été mis en place. Faute de moyens humains et financiers mais surtout à cause des incompréhensions de la part de certains - attente de financement -, cette activité est restée en veilleuse jusqu'en 1994 où quelques visites de fermes ont été réalisées de façon informelle par l'équipe chargée de la formation.


En mai 1995, après l'émergence de quelques fermes, une réunion à Lokossa regroupant une dizaine de fermiers et l'équipe de formation, se penche entre autres sur le thème "quels échanges bâtir entre nous ?". Au cours de cette rencontre, des engagements sont pris par les fermiers pour s'organiser par zone géographique afin de se visiter, se donner des conseils, se soutenir les uns les autres par un travail concret et demander un appui à Songhaï sur la base du volontariat et de l'entraide mutuelle.


Ainsi sont jetées les bases d'un Réseau qui commence progressivement à prendre corps. Ce mouvement est consolidé plus tard par la première Rencontre Annuelle de janvier 1996, à laquelle prirent part près d'une centaine de fermiers. Désormais, cette rencontre est devenue un rendez-vous traditionnel de tout le Mouvement Songhaï. C'est le point de départ d'une dynamique sociale et économique porteuse d'espoir quant à la réalisation des objectifs du réseau : « des entrepreneurs agricoles et para-agricoles, épanouis socialement et économiquement, solidairement engagés dans un Réseau d'échanges et de mobilisation de tout genre, en vue de constituer peu à peu un véritable mouvement ?uvrant pour l'émergence d'une nouvelle société ».


D'une vingtaine de fermiers au départ, l'effectif est passé à 500 en 2001, répartis sur plus de 450 fermes à travers tout le Bénin. Ils s'investissent dans les domaines agricoles (production vivrière et maraîchère, élevage) et para-agricole (artisanat, transformation des produits agricoles, approvisionnement et commercialisation). Certaines fermes se trouvent aujourd'hui à l'extérieur du pays, notamment en Côte d'Ivoire, au Togo, au Nigeria, au Burkina Faso et au Gabon. On distingue dans cet ensemble, des fermiers(ères) individuels(elles), des groupements et des coopératives. Toutes ces unités sont regroupées dans des coordinations régionales.

Pour un meilleur accompagnement de ce vaste mouvement d'entrepreneurs Songhaï n'a pas hésité à mettre en place en son sein, une structure chargée de la gestion des activités du réseau. Cette structure est d'ailleurs dénommée « Réseau » pour coller à la réalité des choses.


Le « département du Réseau », inclus dans le service formation dans les années 89-90, puis dans le département Production / Formation, est de nos jours un département à part entière au sein de la Direction Technique de la Formation. Au départ, l'équipe de pilotage était basée en partie à Lokossa et à Porto-Novo. Actuellement, les animateurs du Réseau sont positionnés sur les sites de Porto-Novo, Savalou et Parakou. En effet, il y a eu une responsabilisation régionale des Centres de Songhaï pour le suivi des installés de leur aire géographique. Un conseil de coordination et d'orientation permet d'harmoniser les politiques et les programmes de suivi / accompagnement. Pour moi, le suivi / accompagnement des fermiers sur le terrain est le meilleur investissement même s'il exige de nous d'énormes sacrifices financiers et humains.


Les animateurs du Réseau assurent un suivi régulier qui se traduit par des visites trimestrielles ou mensuelles selon le cas, des animations de sessions décentralisées, des soutiens au plan de l'approvisionnement et de la commercialisation des produits, de la mise en relation avec les autres institutions (centres de formation, caisses de crédit agricole et autres structures de financement), etc. Les progrès du réseau sont pour moi la démonstration que les grands concepts économiques d'intégration ne servent à rien quand ils sont simplement proclamés - ce qui est le cas, malheureusement très souvent -.