Un c?ur qui se mobilise face aux défis, une tête qui fonctionne et un corps qui vit cela permet de rêver-penser, c'est-à-dire : non pas simplement de penser en projetant ce qui a toujours été, pas simplement rêver dans un demi-sommeil comateux et irresponsable, mais être animé par une vision, par un horizon qui appelle.
Regarder l'avenir
Il est d'une importance fondamentale d'avoir une vision, pour soi, pour sa famille, pour son pays, pour l'humanité. Une vision capable de se transformer, souple mais en même temps, exigeante et tenace. Une vision est une image mentale d'un fait, d'une situation projetée dans l'avenir. Elle part d'un constat pour aller vers une aspiration forte au changement. La vision est un idéal qui doit devenir une réalité dans un processus progressif de communication et d'action. Une vision est un état qui engendre une mise en route, une mobilisation en vue d'un mieux-être ou d'un meilleur devenir : un mouvement.
Introduire le terme « mouvement » pour dire la dynamique qui est dans la vision, c'est aussi parler d'un état d'esprit collectif, d'une équipe qui ?uvre à éliminer ce qui l'empêche de réaliser ses potentiels et par conséquent qui développe des moyens et des mesures pour créer le futur au lieu de le subir. Un mouvement c'est une implication dans un processus d'avenir, une recherche de vraie liberté qui se concrétise dans un cadre, un lieu bien défini et propice à la réalisation de potentiels.
Ce lieu présente quelques caractéristiques importantes :
ouverture au changement (accepter les opinions contraires, reconnaître les bagages obsolètes, les idées et les éléments qui dérangent) et à la culture d'apprentissage (tout le monde s'efforce d'apprendre continuellement et grandit)
perception des défis et des challenges comme des dons susceptibles de rehausser le niveau spirituel et économique de chacun
encouragement réciproque à chercher les éléments pour que la communauté marche mieux : trouver les points faibles, mesurer ce qui est significatif en matière d'attitudes d'esprit? et faire que l'environnement social en bénéficie (accoucher le positif à donner au monde)
manifestation de la confiance, de la sensibilité mutuelle et du pardon. Le pardon ne signifie pas l'oubli mais la possibilité de repartir à neuf.
célébrer les choses positives, récompenser ce qui a été réussi et promouvoir l'émulation.
Ce mouvement favorise l'émergence d'une dynamique susceptible de valoriser les individus d'une communauté et les communautés elles-mêmes. Il permet d'élever le niveau des personnes en les soumettant à des défis toujours plus grands. Ces personnes seront plus aptes au changement et au refus de la médiocrité pour elles et leurs communautés en affrontant les difficultés qu'elles rencontrent.
Pour qu'il y ait un mouvement, il faut que chacun puisse considérer l'autre comme un partenaire avec lequel il est solidaire. Chacun est un individu relié par un trait d'union avec les autres, d'abord les siens, ensuite sa communauté, ses semblables? Tout en étant solidaire, chacun garde son identité qui doit être largement ouverte à la coopération, à l'amitié jusqu'à s'ouvrir à l'universel.
La vision Songhaï
A cette vision, ce mouvement, j'ai donné un nom : Songhaï, un nom prestigieux pour l'Afrique. Le Royaume de Songhaï fut au XV° siècle, sur la boucle du Niger, une grande puissance économique, commerciale, politique et militaire. Ce nom est signe de fierté et d'excellence non seulement pour l'Afrique du passé mais pour celle d'aujourd'hui. Songhaï a une devise : « engagement pour le meilleur », ce qui invite chaque Africain et Africaine à retrouver l'élan de ses ancêtres pour regagner dignité et force. Songhaï a aussi un emblème : un aigle ; c'est lui qui symbolise la vision car l'aigle voit loin. Il a aussi une force de frappe, il vole haut et loin. Ces valeurs de l'aigle, vision, courage, détermination et urgence sont la base du système de valeurs de Songhaï.
Songhaï repose sur la vision que le changement en Afrique est possible et qu'il n'y a pas de fatalité au mal-développement. Il ne s'agit plus de se résigner ou de pleurer sur soi. Il ne s'agit plus non plus d'accuser les autres (les Européens ou les Américains) d'être responsables du mal-développement. Il s'agit de se prendre en main et en charge.
Cette vision concerne le développement qui vise d'abord à développer des sociétés humaines viables qui seraient capables de générer leurs propres forces internes (sociales et économiques) pour se soutenir elles-mêmes. Le véritable développement de l'Afrique, le développement durable, n'émergera que si on donne de l'importance, non seulement aux transformations des forces productives, mais aussi aux forces immatérielles et spirituelles.