La synergie Nord-Sud est un autre élément pris en compte à Songhaï. Le monde entier fonctionne comme un système qui doit marcher « synergiquement ». Il est temps d'ouvrir les yeux : il est urgent que les pays industrialisés accroissent leur aide aux pays en développement pour leur permettre de faire face à leurs difficultés. La solution des problèmes sociaux du Nord, en particulier l'emploi, passe aussi par-là. Il est donc nécessaire que les courants de capitaux reprennent vers le Sud et que les pays industrialisés acceptent sans réserve les pays du sud comme partenaires. « Ce que nous devons faire, disait Jean-Pierre Cot, ancien ministre français de la coopération, aussi bien vis à vis de nos partenaires occidentaux que de notre opinion publique, c'est inlassablement la démonstration que le développement du Tiers Monde rejoint notre intérêt et que c'est seulement à travers la mise en place d'un nouvel ordre international que nous résoudrons les problèmes qui sont les nôtres ».


La mise en ?uvre de cette synergie Nord-Sud à Songhaï repose sur le partenariat. Songhaï reçoit des volontaires, des coopérants, des fonds du Nord? mais ces apports / dons ne donnent pas des droits sur Songhaï. Il s'agit d'un échange, d'une solidarité, d'une collaboration à cet ordre socio-économique international nouveau. Songhaï offre de l'emploi, de la formation à ces coopérants. La synergie nord-sud est aussi vue comme un appel aux Africains à faire connaître leur point de vue, leur savoir-faire dans la communauté internationale et à contribuer ainsi à un monde plus riche et plus intéressant. Il n'est pas nécessaire de diaboliser la mondialisation ; elle ouvre des défis à relever en tant que citoyens du monde et en tant qu'Africains dans ce monde. Mais elle doit se gérer dans la solidarité. Toutes les régions doivent avoir accès aux possibilités qui s'offrent partout dans le monde.

Je suis convaincu que la crise actuelle qui menace notre monde, vient principalement de notre incapacité en tant que famille humaine, à amorcer de nouvelles forces, à rechercher de nouvelles pistes. Et cet élan ne peut se trouver sans un cadre assez large et ouvert où toute civilisation fonctionne en synergie.

La prise en compte des synergies est une urgence si on veut sortir des impasses et des thèses traditionnelles en matière de développement.


Parmi les grandes dimensions systémiques oubliées, l'environnement est une variable cruciale et elle le deviendra de plus en plus au fur et à mesure que la population augmentera. Il faudra pour nourrir les gens, si on continue sur les mêmes bases, de plus en plus d'intrants agricoles ; la terre s'usera? ce qui contribuera à exacerber les tensions sociales. Destructions écologiques et tensions sociales vont en s'accélérant mutuellement. Il est donc indispensable d'intégrer l'environnement partout : il est en relation avec toutes les autres composantes de la vie personnelle et collective et fait système avec elles. Songhaï se veut une manière d'alerter l'ensemble de la planète sur cet aspect qui est trop souvent considéré comme une préoccupation pour pays riches.