processus biochimique deviennent de « nouvelles matières premières ». Ainsi, lorsqu'on met le compost dans le sol, la plante les assimile, les reconstitue en elle-même et peut pousser.


Pour assurer la vie, tout être vivant doit se nourrir pour extraire l'énergie et les éléments dont il a besoin. Les éléments et produits utilisables (concentrés) ne sont pas illimités, et on arrivera à l'épuisement de ces éléments et produits, s'ils ne sont pas renouvelés. En se nourrissant, chaque espèce rejette des sous-produits qui ne sont plus non utilisables par cette même espèce. Pour continuer à vivre, il faut trouver des manières de recycler ces sous-produits pour qu'ils deviennent à nouveau utilisables.


C'est le principe de l'écologie. Ainsi, l'activité économique de l'Homme est d'abord d'orchestrer cette dynamique d'utilisation de l'énergie concentrée, et de réutiliser les sous-produits. C'est la base du développement de Songhaï.


Un autre principe naturel sous-tend cette démarche : la synergie. Il existe plusieurs systèmes biologiques dans la nature et quand ils travaillent en harmonie, l'entropie diminue, c'est-à-dire qu'il y a moins de perte(sous-produits) dans l'ensemble du système.

D'une manière très simplifiée, voilà une illustration de cette synergie :


Si les deux systèmes se lient, formant ainsi un nouveau système, cela entraîne moins de perte, car ce qui est perdu par l'un est repris par l'autre. Si on orchestre ces liaisons entre plusieurs systèmes d'une manière harmonieuse, il y a moins de perte dans la totalité des systèmes qui travaillent.

Dans un système énergétique, 2 + 2 ne font plus 4, mais bien plus, car la totalité des systèmes évalués séparément est inférieure à la totalité de ces mêmes systèmes mis ensemble. C'est cela le principe de synergie ; il constitue un contrepoids formidable au principe d'entropie, de mort.


Un exemple concret au niveau de la pisciculture nous permet de comprendre ces principes de synergie et de recyclage.


Quand les ?ufs de poissons sont fécondés dans l'eau, au maximum 80% sont fertiles ; les 20% restant vont pourrir. Or en pourrissant, ils produisent de l'ammoniac non ionisé et du sulfate d'hydrogène qui polluent l'eau et la rendent nuisible (sauf si l'eau circule). Cette eau polluée entraîne la mort d'un certain nombre de larves écloses. On arrive parfois à perdre la totalité des larves.

Pour pallier cela :

- On introduit le 1er jour de la ponte, des bactéries qui attaquent les ?ufs non fertiles ; elles se multiplient en grand nombre en assimilant ces éléments.

- Le 2ème jour, on introduit des daphnies (petit crustacé d'eau douce) qui filtrent les algues, les bactéries et les pourritures.

- Le 3ème jour, les alevins (poissons venant juste de naître) ont épuisé leur réserve de nourriture (sac dans l'?uf) et mangent les bactéries et les daphnies qui sont là en grand nombre. Ils ne sont plus gênés par les algues ou les gaz?(car il n'y a plus de gaz ou algues grâce aux bactéries et daphnies) et cela évite le cannibalisme entre eux, c'est-à-dire que les plus gros mangent les plus petits.


En quelques jours, l'éleveur travaillant dans cette logique a canalisé toutes les énergies dans le plan d'eau vers sa production première qui est le poisson. Il obtient ainsi beaucoup plus que l'éleveur traditionnel car il a su gérer à son profit les synergies.


Les grandes relations systémiques


Songhaï a dès le début de son existence mis l'accent sur les grandes relations systémiques. Son existence elle-même résulte de la construction d'un système où des activités traditionnellement séparées sont mises en relation. Songhaï est le résultat d'un système « pisciculture - agriculture - élevage » que nous appelons « système intégré de Songhaï ».











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